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LE JEÛNE THÉRAPEUTIQUE MÉDICALISÉ Frédéric HÉBRAUD
           LE JEÛNE THÉRAPEUTIQUE MÉDICALISÉ                                                                                                                                          Frédéric HÉBRAUD

En avril 2012 deux producteurs d'ARTE, Sylvie GILMAN et Thierry LANGLADE, ont diffusé un documentaire remarquable dans sa construction et son contenu, inspiré en partie des travaux du Dr LONGO: "Le jeûne, une nouvelle thérapie?".

Les questions soulevées par leur enquête, vont bien au-delà des problématiques médicales et nous interrogent sur les dérives consuméristes des sociétés occidentales depuis une soixantaine d'années.

 

La consommation déraisonnée dans tous les domaines a entrainé des effets très pervers notamment dans le domaine alimentaire et celui de la santé. Bien sûr,  la population humaine  mondiale est passée de 2,5 milliards d'habitants en 1950 à 7,5 milliards en 2010. Bien sûr, l'espérance de vie d'une femme en France est passée, en un seul siècle, de 48 à 83 ans, mais à quel prix?

 

Les cas d'obésité, de diabète, d'hypertension, de dépressions, de cancers explosent.

La France est le  pays où la consommation par habitant d'anxiolytiques, de somnifères et d'antidépresseurs est l'une des plus élevée au monde (on ne parle pas de la consommation d'alcool....).

 Le "tout médicament" doit apporter la réponse à chacun de nos maux.

Peut-on parler dans ces conditions d'un pays "en bonne santé", offrant le système de santé le meilleur au Monde, comme l'affirment ceux qui ne veulent pas voir les orientations que prennent d'autres pays en matière de santé publique?

 

Sylvie GILMAN et Thierry LANGLADE nous interrogent sur nos capacités à rechercher des alternatives à nos habitudes de consommation, notamment médicales et alimentaires: existe-t-il d'autres voies thérapeutiques que le "tout médicament", le corps humain est-il adapté à gérer l'abondance?

 

L'explosion de l'incidence de l'obésité dans nos sociétés contemporaines et de toutes les maladies qu'elle favorise (diabète, arthrose, maladies cardiovasculaires, cancers...) montre que le corps humain (ceci est valable pour les animaux et d'autres organismes vivants) s'est depuis la nuit des temps bien mieux adapté au manque qu'à l'abondance.

 

 

 

Il suffit de regarder dans la nature et voir que les grands prédateurs ne mangent pas tous les jours. Les ours peuvent passer plusieurs mois en hibernation et l'ourse allaite ses oursons le dernier mois de l'hibernation en puisant sur ses réserves... les lions, les panthères et les loups peuvent passer plusieurs jours sans manger. Un chat malade arrête de s'alimenter....

 

L'obésité permanente dans le monde animal sauvage n'existe pas.

 

Le patrimoine génétique est moins adapté à l'abondance qu'il ne l'est au jeûne.

 

Un des mécanismes fondamentaux du jeûne, qui est l'économie des protéines, permet de survivre relativement longtemps en mobilisant ses réserves de graisses tout en conservant voire en stimulant ses capacités physiques et psychiques.

 

Au lieu d'être dangereux, le jeûne est une adaptation modulée par l'évolution qui a existé très tôt dans le monde animal et qui est commun à tous les organismes vivants, de la levure jusqu'aux mammifères, l'homme y compris.

 

Depuis que les animaux existent sur terre, la norme a été de gérer le "manque" et la rareté et non pas l'abondance. Cette notion d'abondance n'existe dans nos sociétés occidentales que depuis une soixantaine d'années.

 

Pour le Pr Michalsen de l'Hôpital de la Charité à Berlin, "du point de vue de l'évolution, il est probable que la survie s'accompagnait de période de jeûne. La situation que nous avons aujourd'hui, repas réguliers, réfrigérateurs remplis, n'est historiquement pas normale. Il n'est donc pas surprenant que le corps rencontre des difficultés quand il ne jeûne pas, quand il mange sans cesse. Notre patrimoine génétique semble moins adapté à cette situation qu'au jeûne. Notre capacité à jeûner serait inscrite dans notre code génétique". Pour le Pr Michalsen, le jeûne semblerait avoir été sélectionné par l'évolution comme point de passage obligé pour maintenir l'organisme en bonne santé.

 

La question cruciale posée par ce documentaire est la suivante:

 

"Le Moins peut-il être un plus?"

 

Cette question n'est pas uniquement médicale! C'est aussi une question de Société où s'affrontent les thèses de croissance et de décroissance, où sont remises en question les dépenses et les prélèvements abusifs de l'état qui mettent en péril l'avenir de nos enfants, où l'on constate l'effondrement financier d'un système de santé dont les dépenses sont mal maîtrisées et où il serait très certainement possible de dépenser moins pour dépenser mieux.

 

Le marché des Maladies est, il est vrai, bien plus juteux que le marché de la Santé et les médecins subissent aussi des pressions qui ne sont pas que médicales.

 

Le jeûne n'est pas considéré comme une solution à lui seul: il est effectué dans des centres médicalisés avec le support des acquis de la médecine allopathique. Pour Sylvie Gilman et Thierry Langlade c'est une approche qui est "aussi révélatrice de notre capacité à penser autrement".

 

 

 Historique du jeûne

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